Restauration 4K de "Souvenirs d’en France", d’André Téchiné, photographié par Bruno Nuytten
« C’est un scan 4K fait à partir du négatif 16 mm grande longueur chez Hiventy, supervisé par Audrey Birrien et réétalonné avec Raymond Terrentin. Le travail a été difficile autant sur l’image que sur le son. J’avais, de mon côté, très légèrement diffusé avec des trames de soie dont le résultat était assez satisfaisant mais que le scan fait apparaître de manière exagérée. C’est malheureusement le problème des restaurations numériques que de faire apparaître des défauts jusque là invisibles. Inutile de dire que jamais dans le travail argentique nous ne pensions explorer le fond du négatif. Notre but était de proposer des copies d’exploitation de bonne qualité. » (Bruno Nuytten)
Bruno Nuytten évoquait ainsi, en 1977, sa première collaboration avec André Téchiné :
« André Téchiné est l’un des rares cinéastes qui me passionnent. Lorsque je l’ai rencontré pour Souvenirs d’en France, il voulait faire le film en noir et blanc. Se référant à Eisenstein et au travail de son opérateur Édouard Tissé, André m’avait montré des photogrammes d’Octobre qui devaient servir de point de départ au découpage, aux cadrages et à la lumière d’une longue séquence sur le Front Populaire. Les productrices en ont décidé autrement : le film a été tourné en 16 couleurs et gonflé en 35, la séquence du Front Populaire n’a jamais existé. André ne demandait qu’une semaine pour cette séquence, mais nous avons dû oublier Eisenstein, et tout traiter en plans-séquences. La critique a évoqué Bertolucci, le film a marché malgré tout, il prouvait qu’André était un cinéaste, mais nous en gardions un souvenir amer. » (Propos recueillis par Dominique Maillet, dans Cinématographe, n°23, janvier 1977)
- Lire l’article "Cinq choses à savoir sur Souvenirs d’en France", sur le site Internet du CNC.
- Bande annonce de la copie restaurée :